Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Chiffres-clés de l’Agriculture
La France est-elle encore une grande puissance agricole ?
 
La France est

- 1er producteur et 2ème exportateur agricole de l’Union européenne (UE)1

- 8ème producteur2 et 4ème exportateur agricole dans le monde3,

… et ce malgré une concurrence européenne et internationale accrue.

La France fait donc toujours partie des puissances agricoles de la planète, témoignant du dynamisme et la compétitivité de son agriculture.

Cela fait dire à certains que « nous avons avec notre agriculture de l’or dans les mains ».

Mais face à l’ambition affichée des Etats Unis, du Brésil ou de la Russie, dans un environnement non régulé, la compétitivité de l’agriculture française est fragilisée, y compris vis-à-vis de l’Allemagne au sein même de l’Union.

Cette question doit être au cœur des priorités nationales et guider les choix politiques à venir.

Des politiques favorisant l’innovation et la stabilité des prix à l’origine de la puissance agricole française au XXème siècle

Au-delà de ses atouts géographiques et fonciers, la force de l’agriculture française a longtemps reposé sur des atouts en termes d’innovation et de recherche agronomique, priorité politique de tous les gouvernements de la seconde moitié du XXème siècle.

Les résultats ont été à la hauteur des objectifs, avec des gains de productivité exemplaires, qui ont permis de hisser la France en tête du peloton des agricultures ayant les plus hauts rendements.

Rendements et productivité dans les principaux pays producteurs mondiaux4

 
Une PAC régulatrice a grandement favorisé un cadre institutionnel favorisant la stabilité des prix et par conséquent, les investissements productifs favorisant la croissance de la production agricole.

La France figure ainsi parmi les 5 premiers producteurs mondiaux pour une variété de produits : le blé, qui constitue l’aliment de base de plus d’un tiers de la population mondiale5 , la betterave à sucre, le colza, ainsi que plusieurs fruits et légumes6.


Une puissance aujourd’hui remise en cause par le démantèlement de la PAC et une concurrence difficilement soutenable.

Les positions concurrentielles de l’agriculture françaises s’érodent de manière constante depuis plus de 10 ans : en 1995, la France était encore le sixième producteur et le second exportateur agricole mondial7.

Les causes de cette dégradation sont attribuées aux facteurs suivants :

- Le démantèlement de la Politique Agricole Commune qui a fragilisé la plupart des agriculteurs français et européens par une exposition plus forte à la volatilité des prix.

- L’émergence de grandes puissances agricoles, telles le Brésil, la Chine ou l’Inde, qui ont la capacité de pratiquer des prix issus d’un dumping social ou environnemental.

- Et enfin, la perte de compétitivité de l’agriculture française au sein de l’Union européenne, conséquence de l’absence d’harmonisation fiscale et sociale et de charges salariales plus élevées en France8.


Pour momagri, sortir de cette spirale négative est possible : il faut impérativement replacer la production au cœur des politiques agricoles afin soutenir la productivité et la compétitivité de l’agriculture française.

Cet impératif suppose de continuer à investir pour encourager l’innovation et, parallèlement, de mettre en place des politiques de régulation visant à réduire la volatilité des prix agricoles, dont les effets sur l’investissement sont négatifs.

1 Statistiques 2011 Eurostat et Global Trade Atlas
2 Statistiques 2010 FAO
3 Statistiques 2011 Global Trade Atlas
4 D’après les statistiques 2011 FAO et 2010 Banque mondiale
5 Centre de Recherches pour le Développement International
6 FAO Stat, 2009, production en valeur
7 Statistiques FAO et OMC
8 Rapport Assemblée nationale du député Bernard Reynès, « Etude et propositions concernant les enjeux du coût de main d’œuvre dans le secteur de la production agricole », juin 2011.
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Paris, le mardi 22 juillet 2014