Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Articles

Vers une véritable politique agricole pour le Libéria ?



La rédaction de momagri

23 Janvier 2017

Le 30 décembre 2016, le gouvernement du Libéria a adopté un décret, avec effet immédiat, actant la prolongation de la suspension des droits de douane sur les importations d’animaux d’élevage, de semences et d’équipement agricole et ce en vue de promouvoir, selon le souhait du gouvernement, l’agriculture et accroître l’autosuffisance alimentaire de la Nation
1.

La présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, également présidente de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) pour un an, a fait du développement économique l’un de ses chevaux de bataille. Dans le cadre de la CEDEAO, elle a récemment annoncé vouloir mettre en avant les capacités locales des pays de la communauté, notamment lors des négociations actuelles entre la CEDEAO et l'Europe sur l'APE, l'accord de partenariat économique
2.

Pour l’actuel ministre de l’agriculture Moses Zinnah, « l’Afrique dépense autour de 35 milliards USD par an d’importations de denrées alimentaires quand bien même le continent possède 65% des terres arables mondiales et dans le cas du Libéria, 100 millions USD sont dépensées chaque année pour importer du riz, notre aliment de base ». Pour se libérer de cette dépendance, il encourage « les agriculteurs à passer d'une agriculture de subsistance à une agriculture mécanisée grâce à un partenariat constant, à une diffusion claire des politiques »
3.

L’agriculture libérienne souffre de sérieux handicaps. Si ce secteur emploie plus de la moitié de la population active libérienne, les terres cultivables sont peu exploitées, leur rendement ayant largement chuté depuis la guerre civile qui a sévi de 1989 à 2003 et les conséquences du virus Ebola entre 2013 et 2015
4. Les principales cultures sont le riz, le manioc et le cacao, mais le pays reste largement dépendant des importations de produits agricoles. Pour autant, le Libéria souhaiterait relancer son agriculture, pilier économique de ce pays, et prendre ainsi le chemin du modèle kenyan en matière de développement agricole. En effet, le développement de l’industrie agroalimentaire du Kenya figure d’exemple pour de nombreux pays en termes de développement agricole et de capacité d’exportations5.

La politique agricole libérienne est ainsi en pleine redéfinition et si la volonté existe, l’agriculture pâtit encore de la faiblesse de la puissance publique. C’est justement pour la stimuler, qu’un quotidien national, « Liberian observer », a récemment appelé le gouvernement libérien à mettre en œuvre une véritable politique agricole nationale. Dans une tribune publiée dans leurs colonnes
6, le journal met en garde contre le risque de voir se reproduire des situations où, faute d’accompagnement par les pouvoirs publics notamment dans la construction de filières, des agriculteurs cherchant à développer leurs productions pour satisfaire les besoins nationaux peuvent se retrouver en graves difficultés. L’exemple de producteurs de riz d’une région du Libéria qui n’avaient pas trouvé de débouchés à leur production est mis en exergue pour réclamer de la part des autorités publiques une action d’aide à la structuration de filières.

« Sans l’agriculture, pas de développement », a récemment rappelé le nouveau Président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina. Et c’est justement pour faire fonctionner cette équation qu’un appui des autorités publiques dans la constitution des filières est nécessaire afin que les efforts des agriculteurs à relancer des productions nécessaires ne restent pas lettre morte. L’appel des journalistes du « Liberian observer » en est une parfaite illustration.


1 http://www.emansion.gov.lr/2press.php?news_id=3933&related=7&pg=sp
2 Lire sur ce sujet l’article de Momagri
http://www.momagri.org/FR/articles/Les-Accords-de-partenariat-economique-APE-de-plus-en-plus-contestes_1734.html

3 http://www.liberianobserver.com/agriculture/agriculture-minister-lists-priorities-revamp-sector
4 http://www.banquemondiale.org/fr/(...)/reviving-agriculture-in-ebola-hit-guinea-liberia-and-sierra-leone
5 Lire sur ce sujet la fiche de la Direction Générale du Trésor
http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/425932

6 Retrouvez l’article en suivant ce lien
http://allafrica.com/stories/201701060610.html



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Paris, le vendredi 17 novembre 2017