Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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OUI à l’initiative « Stop à la spéculation »



Jeunesse Socialiste (JS) Suisse



La spéculation excessive sur les marchés agicoles et liée à la financiarisation des marchés, est de plus en plus dénoncée tant par les ONG que par les institutions internationales et même abandonnée par certains établissements bancaires.

En Suisse, siège de nombreux commerçants de matières premières et d’acteurs de la finance, la jeunesse socialiste a lancé l’initiative «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires» pour laquelle le peuple et les cantons se prononceront dans le cadre d’une votation le 28 février. Ils devront alors décider si les entreprises ayant leur siège ou une filiale en Suisse ont le droit d’investir dans des instruments financiers se rapportant à des matières premières agricoles et à des denrées alimentaires.

Nous reproduisons ci-après
1 l’argumentaire de cette alliance contre la spéculation sur les denrées alimentaires, qui regroupe des organisations humanitaires, des associations d'agriculteurs, des organisations religieuses et des partis politiques.

Selon ce texte, les liens entre spéculation et insécurité alimentaire sont réels. En effet, la spéculation, aussi utile soit-elle pour couvrir les risques de marché lorsqu’elle est modérée, devient un facteur déstabilisant lorsqu’elle est excessive. Les montants en jeu sont notamment plusieurs dizaines de fois supérieurs à ce que représente la production agricole annuelle. Dans ces conditions, la spéculation ne fait qu'accroître fortement la volatilité des prix, et n'a pas de rôle stabilisant.

Finalement, il incombe aux hommes politiques tant en Suisse que dans le reste du monde de mettre en œuvre les mesures de régulation adéquates pour en limiter les effets distorsifs et néfastes.


La rédaction de momagri



La spéculation sur les denrées alimentaires constitue une forme irresponsable de génération de profits. Avec leurs paris, les spéculateurs font grimper les prix et partagent donc la responsabilité de la faim dans le monde. L’initiative met un terme à cette évolution et autorise désormais le négoce de produits dérivés en rapport avec des denrées alimentaires seulement pour la garantie des prix fixés contractuellement avec des producteurs et des commerçants agricoles. Elle réduit ainsi le risque de bulle de prix dans ce segment délicat. Même lorsqu’il ne s’agit que d’un petit pourcentage – une hausse de prix de 1% sur les produits alimentaires de base tels que le riz ou le blé condamne à la faim 16 millions d’êtres humains supplémentaires!


La spéculation fausse les prix et génère de la faim

Les années 2007 et 2008 ont été marquées à l’échelle mondiale par des crises alimentaires et une forte hausse des prix des denrées alimentaires. Dans le contexte de la crise financière et de l’effondrement brutal des marchés des actions et des obligations, les investisseurs ont cherché des possibilités d’investissement alternatives et réputées sûres. Ils se sont rabattus sur les matières premières et les produits alimentaires de base. Comme le montre une étude de l’ONU, la croissance démographique et des récoltes au-dessous de la moyenne ne peuvent pas expliquer à elles seules les hausses de prix de l’époque. C’est plutôt la financiarisation des marchés de matières premières agricoles qui a accru le risque de bulle de prix. Une bulle de prix de cette nature est survenue en 2007-08, une autre en 2011. Conséquence : les êtres humains vivant dans des pays en voie de développement ne peuvent plus se payer les produits alimentaires de base, même si les pics tarifaires ne sont souvent que de courte durée.


La spéculation restreint les possibilités de garantie tarifaire (couverture des prix) raisonnable

Un sondage mené auprès des commerçants en matières premières agricoles a révélé que la fonction de la garantie des prix fixés était sérieusement entravée par la masse financière gigantesque mise en jeu sur les marchés. Cette garantie tarifaire, précisément, était pourtant l’idée initiale du négoce de produits dérivés dans les Bourses de matières premières et elle légitime celui-ci jusqu’à aujourd’hui. Cette fonction doit être protégée et rétablie.


Quelques groupes montrent l’exemple

Il est réjouissant de constater que quelques entreprises et sociétés ont compris leur rôle critique sur le marché des produits dérivés des matières premières (produits de base). Elles agissent de façon responsable et renoncent en parfaite connaissance de cause à la spéculation sur les denrées alimentaires. À titre d’exemples, on peut citer ici le fonds AVS et le Credit Suisse.


On ne doit pas jouer avec la nourriture

Les matières premières agricoles ne sont pas des marchandises au sens usuel du terme. Pour les denrées alimentaires, des règles plus sévères doivent être appliquées, parce qu’elles sont le fondement même de notre vie. Nous devons refuser de courir le risque de voir la spéculation fausser les prix et générer de la faim. Après tout, nous savons depuis notre enfance que l’on ne doit pas jouer avec la nourriture.


1 Retrouvez l’intégralité du texte en suivant ce lien
http://www.sp-ps.ch/fr/campagnes/votations-du-28-fevrier/oui-linitiative-stop-la-speculation


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Paris, le vendredi 17 novembre 2017