Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Articles

Nouvelle baisse des prix agricoles :
Des écarts qui se creusent avec les prix à la consommation



Communiqué de presse des Chambres d’Agriculture



Constat amer à la suite de la publication du 5ème Rapport de l'Observatoire National des Prix et des Marges : l’année 2015 est marquée par la poursuite de la baisse globale des prix agricoles observée déjà en 2014 pour plusieurs production. La baisse moyenne tous produits confondus s’établit à -2,4%, moins accentuée toutefois qu’en 2014 (-5,3%). Ce recul affecte très fortement l’élevage bovin laitier, avec un recul de plus de 15% par rapport à une année 2014 exceptionnellement favorable, et de 6% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Quant à eux, les prix à la consommation alimentaire, qui étaient en léger repli en 2014, progressent très faiblement en 2015 avec moins de 0,5%, ce qui est toutefois sensiblement plus élevé que la hausse générale des prix à la consommation, presque nulle.

Pour les Chambres d’Agriculture, dans un communiqué de presse que nous reproduisons ci-après
1, ce rapport illustre surtout la confirmation que les prix payés aux producteurs, surtout aux éleveurs laitiers et porcins, ne couvrent plus les coûts de production, regrettant par conséquent que la baisse des prix agricoles ne soit pas proportionnellement répercutée dans les prix que payent les consommateurs. En cause notamment, les tensions entre les transformateurs et les distributeurs qui se livrent une guerre des prix. L’appel des Chambres d’Agriculture à une stratégie d’accompagnement et de soutien des producteurs n’est alors que plus légitime au regard de la situation actuelle.

Ces constats dressés sont finalement une preuve supplémentaire que des politiques (re)connectées aux réalités des marchés agricoles, surtout au niveau européen, ne sont plus des options mais un impératif, ainsi que l’a dernièrement rappelé Guy Vasseur, président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, dans un article du Cercle les Echos
2. Ce dernier enjoint à davantage de régulation, une vision que partage plus que jamais Momagri.


La rédaction de momagri



L’innovation majeure de ce 5ème rapport concerne la comparaison entre le prix réel et le prix simulé pour les différentes productions, prix qui aurait assuré le strict maintien de la marge sur aliment de l’élevage (toute chose égale par ailleurs et majorée de l’inflation pour tenir compte de l’évolution du montant des charges que cette marge doit couvrir).

Ce 5ème rapport précise que, après plusieurs années de hausse, les prix agricoles à la production ont diminué en moyenne de -2,4% en 2015.

Cette moyenne cache de grandes disparités puisque des productions comme les produits laitiers et la viande porcine enregistrent des baisses plus importantes, de l'ordre de -15 à -7%. Par ailleurs, on remarque un décalage persistant en 2015 entre le prix réel et le prix simulé pour l’élevage laitier, bovin et porcin, le prix réel étant systématiquement inférieur au prix simulé. Par exemple, il manque respectivement 10ct/Litre de lait et 8ct/kg par carcasse pour assurer une rémunération standard (c’est-à-dire 1,5 SMIC et un taux du livret A pour le capital) aux éleveurs laitiers et porcins.

A noter que les prix des produits issus des IAA ont partiellement répercuté la baisse du prix d’achat des matières premières (-2%), cependant les prix à la consommation restent quasi-stables, affichant même une légère progression (+0,5%).

Les Chambres d'agriculture notent par voie de conséquence que la baisse des prix agricoles n'est pas proportionnellement répercutée dans les prix que payent les consommateurs.

Ce rapport illustre les tensions très fortes sur les prix à tous les stades de la chaine alimentaire. Les transformateurs et distributeurs qui se livrent une véritable guerre des prix tirent l’ensemble des opérateurs de la chaine alimentaire vers le bas.

Aucune stratégie digne de ce nom n’est mise en oeuvre pour développer les produits et créer de la valeur pour les producteurs. Les coûts de production des agriculteurs ne sont couverts ni même par les prix et les aides dans certaines filières.

Pour les Chambres d’agriculture, cette situation est intolérable et impose à tous les acteurs de la filière de construire un autre avenir.


1 Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse en suivant ce lien
http://www.chambres-agriculture.fr/(...)actualites/nouvelle-baisse-des-prix-agricoles-(...)

2 Retrouvez la tribune de Guy Vasseur en suivant ce lien
http://www.lesechos.fr/idees-debats/(...)-volatilite-des-prix-agricoles-symptome-dune-mondialisation-(...).php



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Paris, le vendredi 17 novembre 2017