Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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Les biotechnologies au secours des petits producteurs



Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)



Une nouvelle publication de la FAO, portant sur 19 études de cas, invite à intensifier les efforts à l'échelle nationale et internationale pour doter les petits producteurs des pays en développement de biotechnologies agricoles1. Pour la FAO, les biotechnologies peuvent ainsi améliorer les moyens d’existence tirés de la production agricole, animale et halieutique en dopant les rendements et en améliorant l’accès au marché.

L’innovation et la recherche touchent de près l’avenir de la sécurité alimentaire d’une population mondiale qui d’ici 2050 aura dépassé les 9 milliards d’individus. Alors que le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde est estimé à 850 millions par la FAO sur la période 2006-2008, certains s’interrogent sur la capacité de l’agriculture mondiale à faire face à cette forte croissance démographique. Ainsi l’innovation et la recherche sont de plus en plus plébiscitées pour accompagner une agriculture mondiale qui devra s’adapter : car il faudra demain produire plus avec moins.

Sans une amélioration significative de la productivité et des rendements, sans l’innovation agricole et enfin sans régulation des marchés agricoles mondiaux, la production agricole ne pourra pas augmenter de 70% d’ici 2050, objectif que l’ONU considère comme primordial pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.


La rédaction de momagri






Une nouvelle publication de la FAO invite à intensifier les efforts à l'échelle nationale et internationale pour doter les petits producteurs des pays en développement de biotechnologies agricoles.

La publication Biotechnologies at Work for Smallholders: Case Studies from Developing Countries in Crops, Livestock and Fish affirme que les biotechnologies peuvent aider les petits agriculteurs à améliorer leurs moyens d'existence et leur sécurité alimentaire.

L'ouvrage porte sur 19 études de cas tirées de l'agriculture, de l'élevage et des pêches, rédigées par des scientifiques et des chercheurs du monde entier. Il décrit les réalités pratiques et les expériences de la recherche en biotechnologie appliquée à la production à petite échelle de bananes, de manioc ou de riz, à l'élevage et à l'aquaculture, dans différentes parties du monde en développement.

Les études de cas englobent une vaste gamme de biotechnologies, des plus anciennes ou "traditionnelles" comme l'insémination artificielle et la fermentation, aux techniques de pointe faisant intervenir des méthodologies fondées sur l'ADN, mais sans modification génétique.

La publication a été préparée par une équipe multidisciplinaire de la FAO dans le cadre d'un projet de biotechnologies agricoles financé en partie par le Gouvernement du Canada.

"Avec les bons mécanismes institutionnels et financiers, les gouvernements, les institutions de recherche et les organisations peuvent contribuer à porter les biotechnologies aux petits producteurs, en améliorant leur capacité d'affronter le changement climatique, les maladies végétales et animales, ou la surexploitation des ressources naturelles", a déclaré Andrea Sonnino, Chef du Service de recherche et de vulgarisation de la FAO.


Etudes de cas

Quatre études de cas proviennent d'Inde, deux de Chine, et toutes les autres de chacun des pays suivants: Afrique du Sud, Argentine, Bangladesh, Brésil, Cameroun, Colombie, Cuba, Ghana, Nigeria, Sri Lanka, Tanzanie et Thaïlande.

Les chercheurs ont utilisé leurs connaissances des marqueurs génétiques pour mettre au point une variété de riz tolérante aux inondations avec un rendement potentiel de 1-3 tonnes l'hectare de plus que les autres variétés en conditions d'immersion. La nouvelle variété Swarna-Sub1, brevetée en 2009, s'est diffusée rapidement et a déjà été utilisée par trois millions d'agriculteurs indiens en 2012.

"Les variétés de riz tolérantes à la submersion ont permis d'améliorer et de stabiliser les rendements dans les zones sujettes aux crues subites, renforçant sensiblement la sécurité alimentaire nationale", ont souligné Uma Singh et ses collègues de l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI), auteurs de l'étude de cas.

En Chine, la carpe Jian a été mise au point à l'aide d'une sélection génétique intra-famille et de la gynogenèse (une technique de reproduction dont sont issues des plantes-filles 'sans père'). La carpe Jian est désormais élevée dans quelque 160 000 fermes piscicoles et assure plus de 50 pour cent de la production de carpes communes en Chine.

Au nord du Cameroun, l'utilisation sur le terrain d'outils de diagnostic fondés sur l'ADN a permis aux autorités vétérinaires de dépister sans délai des foyers de Peste des petits ruminants, une maladie virale extrêmement contagieuse qui frappe les chèvres et les moutons. Grâce à un diagnostic rapide et précis, les autorités ont pu enrayer ces flambées et stopper la propagation de cette maladie fatale aux autres troupeaux.

"Sans cette intervention rapide, des milliers d'ovins et de caprins auraient sans doute succombé à la maladie, entraînant des pertes pour des millions de francs CFA", ont affirmé Abel Wade et Abdoulkadiri Souley du Laboratoire national vétérinaire (LANAVET) du Cameroun.

La publication affirme que les biotechnologies peuvent améliorer les moyens d'existence tirés de la production agricole, animale et halieutique en dopant les rendements et en améliorant l'accès au marché. L'introduction des biotechnologies - nouvelles et traditionnelles - dans les exploitations familiales permet également d'abaisser les coûts de production et d'améliorer la gestion durable des ressources naturelles.


Enseignements tirés

Les études de cas permettent de tirer des enseignements pouvant aider les responsables politiques à prendre des décisions informées sur les programmes de biotechnologies. Les facteurs essentiels pour améliorer la productivité et les moyens de subsistance des petits exploitants sont l'engagement politique national, l'appui financier de sources non gouvernementales pour accompagner les efforts nationaux, et l'investissement national à long terme dans la recherche et les infrastructures scientifiques et technologiques.

La publication a en outre constaté que les partenariats internationaux et nationaux étaient essentiels pour obtenir des résultats, comme l'était le partage des ressources génétiques, des techniques et des savoirs à l'échelle internationale.

La publication insiste également sur l'importance de la participation des petits exploitants à tous les stades du processus en tenant compte de leurs connaissances, de leurs compétences et de leurs initiatives.


1 Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse de la FAO en suivant ce lien http://www.fao.org/news/story/fr/item/203643/icode/
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Paris, le lundi 25 septembre 2017