Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Articles

Le secteur agricole est essentiel pour la protection des moyens d’existence, la gestion des conflits et des risques liés au changement climatique



Communiqué de presse de la FAO



La réhabilitation du rôle pivot de l’agriculture dans les stratégies de développement est récente et liée à la mobilisation de la communauté internationale autour des questions d’insécurité alimentaire et des défis agricoles mondiaux après les émeutes de la faim en 2007-2008.

Dans un communiqué de presse de la FAO publié lors du Sommet mondial sur l'action humanitaire qui s’est déroulé du 23 au 24 mai à Istanbul, et que nous reproduisons ci-après, l’organisation rappelle le rôle central de l’agriculture dans la gestion des risques et des crises dans un contexte de pressions géopolitiques, de risques climatiques et d’urgences humanitaires
1. Conflits armés au Moyen-Orient, sécheresse en Afrique Australe, autant de défis pour lesquels l’Agriculture peut et doit jouer un rôle vertueux.

L'agriculture revêt ainsi un caractère stratégique indéniable pour l'avenir de l'humanité : elle est à la base de la sécurité alimentaire et constitue le fondement du développement économique et de la lutte contre la pauvreté. C’est à ce titre qu’il paraît incontournable de gérer l’Agriculture et l’Alimentation comme des Biens Publics Mondiaux
2. Cependant, ainsi que le rappelle Jacques Carles, délégué général de Momagri3, un Bien Public Mondial ne le devient réellement que le jour où l’on a créé les conditions pour qu’une coopération internationale puisse le gérer avec des instruments adaptés. On reste sinon dans l’invocation, la théorie ou l’idéologie qui sont le handicap permanent des négociations internationales depuis des décennies.


La rédaction de momagri



«L'agriculture, la sylviculture et la pêche sont des secteurs essentiels pour garantir la sécurité alimentaire et protéger les moyens de subsistance. Ces secteurs jouent également un rôle fondamental en ce qui concerne notre gestion des risques et des crises, notamment les catastrophes naturelles, conséquences du changement climatique», a déclaré aujourd'hui le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors du Sommet mondial sur l'action humanitaire.

«La sécurité alimentaire et nutritionnelle, le développement durable, la gestion des crises humanitaires, la résolution des conflits et la réconciliation constituent les différentes facettes d’un même défi», a-t-il indiqué.

«Pour résoudre les conflits, il faut tout d'abord trouver des solutions politiques et cela signifie que les Etats et les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités», a précisé M. José Graziano da Silva.

«Pour dépasser ce que nous faisons habituellement, nous devons élargir notre champ d'intervention en complétant, en soutenant et non en remplaçant l'action humanitaire», a-t-il ajouté. «Nous devons investir en priorité dans la prévention et la résilience, de manière précise, pour contribuer à la réduction des futurs besoins humanitaires».


Les engagements de la FAO : fournir une assistance humanitaire et mettre fin à la dépendance

Le Directeur général a fait remarquer que pendant des décennies la FAO a travaillé à la fois dans le domaine humanitaire et dans celui du développement afin de sauver des vies, de protéger et de rétablir les moyens de subsistance, de lutter contre la faim, la malnutrition et la pauvreté, tout en s'efforçant de renforcer la résilience et de soutenir des systèmes alimentaires durables.

Au Sommet mondial sur l'action humanitaire, la FAO a pris plusieurs engagements importants. Il s'agit notamment d'intensifier le travail de l'Organisation en matière de protection sociale et de programmes de transfert d'argent, en établissant un lien avec l'agriculture et le développement rural et en multipliant les initiatives qui associent davantage la sécurité alimentaire aux mesures d'adaptation au changement climatique.

La FAO s'est également engagée à travailler avec des partenaires stratégiques tels que les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les communautés locales pour développer un cadre intégré pour les crises de longue durée. Cette structure vise également à promouvoir une meilleure harmonisation entre les acteurs humanitaires, les acteurs de paix et les défenseurs des droits de l’homme.

Dans ce contexte, M. José Graziano da Silva a rejoint aujourd'hui le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et d'autres hauts fonctionnaires des organisations de l'ONU présents au Sommet pour signer le document «Passage à l'action : Combler le fossé entre l'action humanitaire et le développement - Améliorer la vie des populations: fournir une assistance humanitaire et mettre fin à la dépendance».

Le Passage à l'action fait référence, entre autres, à une nouvelle manière d'appréhender l’action humanitaire et est évoqué dans le rapport du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sommet «Une seule humanité, une responsabilité partagée».

Le rapport appelle à une meilleure utilisation des ressources et des capacités, à l'amélioration des résultats liés aux Objectifs de développement durable, pour ceux en situation de risque, de vulnérabilité et de crise, afin de réduire les besoins humanitaires à long-terme.

Cet engagement appelle également les signataires à créer de nouveaux partenariats et collaborations, avec notamment le secteur privé, les acteurs locaux ou encore les banques multilatérales de développement en vue de renforcer les ressources et les capacités visant à aider les populations et les communautés à atteindre des résultats concrets.

En outre, les signataires se sont engagés à apporter des changements essentiels à leur manière de travailler afin de favoriser la mise en place: i) d’un système de centralisation des données, d’analyses et d’informations ; ii) d’une planification et de processus de programmation améliorés et élaborés en concertation ; iii) de directives efficaces pour des résultats collectifs ; iv) et de modalités de financement pour soutenir les résultats collectifs.


1 Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse que nous reproduisons ci-après en suivant ce lien
http://www.fao.org/news/story/fr/item/415963/icode/

2 Par Bien Public Mondial nous entendons « un bien qui doit être géré collectivement, à l’échelle internationale, et selon le principe de subsidiarité, c’est-à-dire tout domaine d’action qu’une gouvernance mondiale peut mieux gérer qu’une gouvernance nationale ou bien sous régionale ».
3 Retrouvez l’intégralité de l’interview de Jacques Carles en suivant ce lien
http://www.momagri.org/FR/editos/-Comment-gerer-l-Agriculture-comme-un-Bien-Public-Mondial-_208.html



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Paris, le samedi 18 novembre 2017