Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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Le Directeur général de la FAO appelle à une action mondiale pour combattre l'insécurité alimentaire dans les zones de conflit



FAO



La crise financière et les émeutes de la faim de 2007-2008 ont démontré que tous les pays du monde étaient non seulement concernés par la sécurité alimentaire mais mal « outillés » pour y apporter une réponse concrète et coordonnée. Ainsi que le rappelle José Graziano da Silva, dans un récent communiqué que nous reproduisons ici
1, l’agriculture et la sécurité alimentaire sont par ailleurs de puissants catalyseurs de stabilité et de paix.

Pourtant, les menaces affectant la sécurité alimentaire sont nombreuses et multiformes (géopolitiques, climatiques ou épizootiques…). Elles doivent être prises en compte par les décideurs politiques, d’autant plus qu’en provoquant l’insécurité alimentaire localement, elles agissent directement sur l’insécurité globale, comme l’ont montré les émeutes de la faim en 2008.

L’Agriculture et la sécurité alimentaire sont au cœur des débats et des équilibres du XXIe siècle, et si la sécurité alimentaire n’est pas assurée, ces équilibres peuvent basculer. Néanmoins, les solutions existent. A l’heure où les grandes organisations internationales s’interrogent sur leur renouvellement, il est urgent d’instaurer une nouvelle gouvernance mondiale, qui sera à même de rompre le cercle vicieux de la financiarisation non contrôlée des marchés agricoles, de l’hypervolatilité des cours et de l’insécurité alimentaire.


La rédaction de momagri



L'agriculture et la sécurité alimentaire doivent être traitées comme des composantes essentielles de la consolidation de la paix et de la résolution des conflits, a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, au cours d'une réunion spéciale de la Commission de consolidation de la paix de l'ONU.

«La sécurité alimentaire est un fondement important de la paix, de la stabilité politique et du développement durable. Dans l'histoire de l'humanité, à maintes reprises, nous avons observé le cercle vicieux liant la violence et la faim, et ce sont des conflits qui ne sont pas délimités par des frontières nationales», a dit M. Graziano da Silva devant les participants à la réunion.

Le Directeur général de la FAO a souligné que la sécurité alimentaire peut servir comme «outil de prévention et d'atténuation des conflits» et pour la promotion de la paix et de la sécurité. Des politiques et des actions en faveur de la sécurité alimentaire peuvent non seulement renforcer la résilience et résoudre les conflits, mais elles peuvent aussi prévenir les conflits, a-t-il dit en substance.

«Nous ne pouvons pas attendre une urgence pour réagir. Pour assurer la sécurité alimentaire, nous devons agir avant la crise. Nous ne pouvons pas empêcher une sécheresse de se produire, mais nous pouvons l'empêcher de dégénérer en famine», a ajouté M. Graziano da Silva.


L'impact des conflits et de la faim

La faim tue beaucoup plus de personnes que la guerre ou le terrorisme, a fait observer le chef de la FAO. A titre d'exemple, entre 2004 et 2009, on estime que 55 000 personnes par an ont perdu la vie en conséquence directe de conflits ou du terrorisme tandis qu'en Somalie, et rien que dans ce pays, la famine a causé la mort de plus de 250 000 personnes entre 2010 et 2012, a-t-il fait remarquer.

L'impact des conflits dans les zones rurales peut être dévastateur pour les cultures, le bétail et les récoltes et se traduit souvent par la destruction des avoirs agricoles et des revenus des ménages.

Et l'impact «des conflits sur la sécurité alimentaire persiste souvent bien longtemps après que la violence a cessé», a dit M. Graziano da Silva.

Vu que l'agriculture demeure, pour la majorité des personnes, le moyen principal de gagner sa vie dans les pays à peine sortis d'un conflit, la réhabilitation et la relance de l'agriculture sont cruciales pour réduire la pauvreté et assurer le développement général.


Les nouveaux défis nécessitent des partenariats solides et une vision plus large

Plus que jamais, les peuples et les pays du monde entier ont besoin de travailler ensemble pour surmonter les multiples défis interconnectés auxquels nous sommes confrontés, a souligné le Directeur général de la FAO ajoutant que «des partenariats sont essentiels».

Et M. Graziano da Silva d'affirmer que la FAO et d'autres organismes des Nations Unies ainsi que leurs partenaires au développement ont exécuté, à travers le monde, bien des projets couronnés de succès.

En outre, avec l'élaboration en cours des Objectifs du développement durable, «l'amélioration des connaissances et de la compréhension des imbrications possibles entre la sécurité alimentaire et la sécurité humaine contribueront à façonner des interventions plus efficaces et obtenir des résultats plus durables», a dit M. Graziano da Silva.

«Ceci est fondamental», a-t-il souligné.

1 Retrouvez l’intégralité du communiqué en suivant ce lien
http://www.fao.org/news/story/fr/item/275850/icode/



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Paris, le jeudi 23 novembre 2017