Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Articles


Le Blé : un marché stratégique dont les prix risquent d’être de plus en plus volatils

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Le blé, véritable pilier de l’alimentation humaine, est l’une des trois principales céréales, avec le maïs et le riz.

Il existe une grande variété de blés mais seulement deux ont une importance économique significative:
> Le blé dur, utilisé pour la fabrication des semoules et pâtes alimentaires, est surtout cultivé dans les zones chaudes et sèches.
> Le blé tendre, le plus répandu, est davantage cultivé dans les hautes latitudes. Il est utilisé pour la production de farine destinée à la panification et, dans une moindre mesure pour la production de bières et d’alcool.
Au cours des cinquante dernières années, la production mondiale de blé a fortement progressé. Autrefois fortement concentrée, la production et les flux commerciaux se sont orientés vers une répartition plus homogène à l’échelle de la planète grâce à l’émergence de nouveaux acteurs de tout premier ordre.
L’évolution mondiale des foyers de consommation s’inscrit également dans le sens d’une plus large diffusion du blé et traduit la tendance à la hausse de la demande et une évolution des habitudes alimentaires.

Toutefois, ces évolutions n’ont paradoxalement pas favorisé une plus grande stabilité des prix et les cours du blé demeurent caractérisés, en 2006, par une forte volatilité. Le marché du blé offre ainsi une parfaite illustration des spécificités des marchés agricoles et du danger de libéraliser les échanges internationaux sans garde fou pour lutter contre la volatilité des cours.

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I. Un marché en croissance constante mais aux réserves de plus en plus faibles.

A. La production mondiale de blé est en hausse depuis les années 1960 du fait de la croissance des rendements.

1. La production mondiale de blé a été multipliée par 2.8 entre 1961 et 2005…


La production mondiale de blé est en croissance constante depuis les quarante dernières années, même si elle est marquée par de légères fluctuations autour de la tendance. La production mondiale de blé s’établit à 626 millions de tonnes pour l’année 2005. Elle a été multipliée par 2.8 entre 1961 et 2005.


Source : CNUCED - FAO


2. … du fait de la croissance des rendements


Après un pic au début des années 1980, on assiste à une forte baisse des surfaces mondiales allouées à la culture du blé. On a ainsi retrouvé en 2005 les niveaux correspondants à ceux du début des années 1970. Compte tenu de la réduction des surfaces, la progression de la production mondiale provient essentiellement de la hausse des rendements (multipliés par 2.7 entre 1961 et 2005), permise par le progrès techniques et les innovations dans les méthodes de production.



Source : CIC - ONIGC


3. où dix pays réalisent 80% de la production mondiale


Le marché mondial du blé est un marché concentré où émergent de nouveaux producteurs.
En effet, depuis le début des années 1960, un premier groupe de cinq pays (Chine, Inde, Etats-Unis, Russie et Europe) représente plus des deux tiers de la production mondiale. Mais, ces cinq pays sont désormais concurrencés par l’émergence d’un second groupe, composé du Canada, de l’Australie, du Pakistan, de la Turquie et de l’Argentine, qui exerce une influence déterminante sur la fixation des prix mondiaux. Ces deux groupes de pays assurent aujourd’hui 80% de la production mondiale de blé.





B. Il n’existe pas de modèle productif « dominant » à l’échelle mondiale


La structure des exploitations sur lesquelles le blé est cultivé varie considérablement et il n’existe pas de modèle productif « dominant » à l’échelle mondiale.
Toutefois, on peut isoler trois grands types de modèles productifs, selon que la production est extensive ou intensive, et fortement capitalistique ou non.

> Une production intensive et fortement capitalistique : le cas de l’UE

Au sein de l’UE, un peu plus d’un million d’exploitations céréalières se consacrent à la culture du blé (soit 36% de l’ensemble des exploitations céréalières européennes).

La majorité de ces exploitations sont fortement mécanisées. La physionomie des structures agricoles de l’Union européenne n’a pas été bouleversée par les élargissements de mai 2004 et janvier 2007 dans la mesure où, la République tchèque et la Slovaquie exceptées, les exploitations des nouveaux membres sont de petites tailles1.

> Une production extensive et fortement capitalistique : le cas des Etats-Unis

Le profil des exploitations américaines est très différent du profil européen. Si les exploitations céréalières sont moins nombreuses qu’en Europe (environ 400.000), elles sont beaucoup plus vastes, avec une superficie moyenne comprise entre 400 et 800 hectares. Les exploitations américaines sont également, comme en Europe, fortement mécanisées.

> Une production micronisée et faiblement capitalistique … pour le moment

Si les deux modèles de production précédents sont dominants à l’échelle mondiale, un troisième est apparu, caractérisé par de très petites exploitations couvrant quelques hectares tout au plus, et au sein desquelles les moyens techniques sont faibles, inégalement répartis mais en forte croissance. C’est en particulier le cas de l’Inde et de la Chine.
La Chine est ainsi devenue le deuxième producteur mondial de blé, passant d’une production de 14.3Mt en 1961 à plus de 96Mt en 2005 (soit une progression de plus de 500% en 40 ans !). Cette hausse de la production s’explique surtout par l’amélioration très nette des rendements à l’hectare (multipliés par 7 sur la même période).

Les graphiques ci-dessous présentent ces trois types de modèle productif, en fonction des rendements à l’hectare et des productions nationales obtenus.



Source : CNUCED - FAO


Les évolutions respectives des principaux pays producteurs permettent de dégager deux tendances :

> Les productions chinoise, indienne et communautaire ont connu une forte hausse du fait de la croissance des rendements. Elles sont également plus volatiles depuis la fin des années 1990.

> La production des Etats-Unis est en forte croissance sur la période 1961 – 1982, mais elle décroît depuis, du fait notamment de la stagnation des rendements.

C. La consommation mondiale de blé ne cesse de croître au détriment des réserves mondiales.

1. La consommation mondiale de blé a été multipliée par 2.6 entre 1961 et 2005…

La consommation mondiale de blé conforte également l’hypothèse d’une plus large diffusion du blé sur l’ensemble de la planète : elle a été multipliée par 2.6 depuis 1961. De 235 millions de tonnes en 1961, elle a atteint 617 millions de tonnes en 2005.





Cette croissance de la consommation est due à la conjonction de cinq facteurs principaux :

> Le blé occupe une place essentielle dans l’alimentation humaine, et peu de produits lui sont substituables en quantité et en qualité nutritionnelles.
> La croissance démographique soutenue dans les pays émergents et en développement.
> Les migrations de populations des campagnes vers les villes où le blé est davantage consommé.
> Le développement de l’aide alimentaire des pays industrialisés vers les pays en développement et émergents.
> Les besoins non alimentaires en hausse (essentiellement les biocarburants)

2. … du fait d’une demande en hausse dans les pays émergents …

Durant les années 1960, l’essentiel du blé produit dans le monde était consommé par les pays industrialisés. Désormais, la tendance s’est inversée et les pays émergents ou en transition d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie consomment aujourd’hui 60% de la production mondiale de blé, ce qui souligne une mutation rapide de leurs modes de consommation.
Le pain prend ainsi une place de plus en plus importante dans leurs repas, comme le démontre le Brésil dont la consommation de pain a plus que doublé au cours des dix dernières années.

3. … et de besoins non alimentaires croissants…

Une part croissante de la production de blé est utilisée pour la fabrication de biocarburants (bioéthanol). En raison des impératifs de diversification des sources d’approvisionnement en énergie, cette utilisation non alimentaire du blé risque fort de connaître une importante expansion dans le très court terme, même si la pérennité d’un tel débouché peut être discutée.
L’UE s’est ainsi fixée comme objectif que les biocarburants représentent 10% des carburants consommés par les véhicules d'ici 2020.
Pour cela, des dispositifs d’incitation fiscale ont été mis en place et le prix du blé destiné à l’éthanol, qui devient beaucoup plus attractif que le prix du blé alimentaire, accroît d’autant la demande mondiale.

4. … et les réserves mondiales de blé ne cessent de diminuer

La production mondiale de blé est insuffisante pour faire face aux besoins alimentaires et non alimentaires en forte croissance. De ce fait, les stocks mondiaux de blé ne cessent de diminuer et ils sont revenus à leur plus bas niveau depuis 1997.
Ce repli est particulièrement prononcé pour les cinq principaux pays exportateurs qui détiennent plus du tiers des stocks mondiaux.
Le ratio stock en pourcentage de la consommation est considéré comme un indicateur particulièrement éclairant sur l’état du marché. La FAO a fixé un seuil critique de 17 % : or, selon les services statistiques agricoles américains, ce seuil devrait se situer à un niveau inférieur en 2006 et 2007, ce qui correspondrait à son plus bas niveau depuis 1960.



Source : AGPB

D. Les échanges commerciaux se multiplient et s’intensifient

Le commerce mondial du blé a été multiplié par trois entre 1961 et 2005 et porte désormais sur 20% de la production mondiale avec près de 110 millions de tonnes en 2005. Le blé conforte ainsi sa place de céréale « la plus échangée » dans le monde.

Si jusqu’au début des années 1960, le groupe des cinq premiers producteurs de blé représentaient 90% des exportations mondiales, cette part est descendue à 76% en 2004.
Sur la même période, le nombre de pays exportateurs a pratiquement doublé et celui des pays dont les exportations excèdent le million de tonnes également été multiplié par deux.

Les pays de l’ancienne URSS, la Chine, le Japon, le Brésil, l’Iran et l’Algérie figurent parmi les importateurs traditionnels de blé. Ces pays valaient pour 61 % des importations mondiales jusqu’au milieu des années 1980 : ils n’en représentent plus que 47 % actuellement.

Cette évolution découle de l’augmentation du nombre de pays importateurs d'une part et celle des volumes importés par un grand nombre de pays, d’autre part. Au début des années 1960, un peu moins de 8% des pays importateurs importaient plus d’un million de tonne de blé, contre 19% en 2002. Et, aucun pays n’importait plus de 5 millions de tonnes de blé au début de la période considérée, alors qu’ils sont 6 en 2002.

II. Une volatilité des cours importante qui risque de s’accroître faute d’une régulation mondiale.

A. La volatilité des cours du blé est importante.

L’évolution des prix du blé américain depuis le début des années 1960 souligne une forte volatilité des cours (de 1 à 4 !), tout comme la majeure partie des productions agricoles.


Source : AGPB


Cette forte volatilité du cours du blé est principalement liée à la baisse du niveau des stocks des cinq principaux pays exportateurs, au premier rang desquels les Etats-Unis, qui possèdent à eux seuls le sixième des réserves mondiales de blé. Cette place prépondérante au sein de la filière s'est notamment fait sentir au cours de la période 1981-1986, puis lors de la campagne 1988-1989.

Durant la première période, le cours du blé est passé de 176$ la tonne à 115$ la tonne en l'espace de 5 ans, ce qui représente une baisse de l'ordre de 35%. Les stocks ont alors été multipliés par 150%.

En 1988, la situation inverse s'est produite. La production était insuffisante pour faire face à une demande haussière (déficit de l’ordre de 30 millions de tonnes) et les stocks n'ont pas suffi à répondre à la demande. Les prix ont donc été tirés vers le haut et ils ont atteint 146$ la tonne au Chicago Board of Trade.

Les cours mondiaux ont par la suite fortement fluctué : dépassant les 200$ la tonne en mai 1996, ils sont passés sous la barre des 120$ la tonne en 1999, soit une baisse de 40% en trois ans. Ils connaissent depuis 2000 une croissance soutenue, et culminent à plus de 150$/tonne à la fin de l’année 2006.

Trois éléments se conjuguent pour expliquer cette croissance :

> Le ralentissement de la production mondiale depuis 1998, du fait notamment de la baisse de l’offre en Amérique du Nord et en Australie.

> La progression de la demande mondiale, aussi bien pour un usage alimentaire (nombreux achats et commandes de la part de l’Egypte) que non alimentaire avec les biocarburants.

> La diminution drastique du niveau des stocks mondiaux depuis 2000 (- 50% !) qui, en passant au dessous du seuil critique fixé à 17% de la consommation mondiale, n’assurent plus leur rôle de stabilisateur des cours mondiaux.

La mondialisation du marché du blé, qui se caractérise par la multiplication des pays exportateurs et importateurs et l’intensification des flux échangés, et la libéralisation progressive des échanges internationaux devraient, selon toute logique, conduire à un lissage des prix mondiaux.

Or, ce n’est pas ce que l’on observe à l’heure actuelle : l’année 2006 a été marquée par une très forte volatilité des prix mondiaux affectant les pays en développement et la plupart des pays développés.
Cela implique que le facteur climatique, traditionnellement avancé pour expliquer la volatilité des cours du blé, est incomplet, et que des facteurs traduisant des dysfonctionnements internes au marché du blé, sont principalement à l’origine de cette volatilité.

Les producteurs agricoles, et notamment de blé, font en effet face à trois types de risque qui causent un déséquilibre permanent entre l’offre et la demande, et donc génèrent la volatilité des prix :
> un risque sur la quantité : les producteurs de blé ne peuvent pas savoir à l’avance la quantité qui sera finalement récoltée.
> un risque sur la qualité : les producteurs de blé ne peuvent pas connaître le niveau de qualité du blé qui sera produit.
> un risque sur le prix : Les producteurs de blé n’ont pas la possibilité de déterminer le prix auquel ils pourront vendre leur production.

Si les facteurs climatiques influencent ces trois variables, ils n’expliquent pas totalement la volatilité des prix. Deux autres facteurs, endogènes, sont déterminants pour expliquer le non ajustement de l’offre et de la demande : le comportement des différents acteurs du marché (les producteurs et les Etats) face aux risques (quantité, qualité et prix) et l’imperfection de la structure du marché mondial du blé.

B. Les comportements des producteurs et des Etats sont à l’origine de perturbations sur le marché mondial du blé.

Les risques auxquels sont soumis les producteurs agricoles de blé sont à l’origine de la volatilité des prix et façonnent l’offre autant que le niveau moyen des prix.
Et, ils peuvent conduire une grande partie des agriculteurs du monde à prendre une « mauvaise » décision qui, au lieu de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, aggravera la situation, comme le démontrent Jean-Marc Boussard, Françoise Gérard et Gabrielle Piketty dans leur ouvrage « Libéraliser l’agriculture mondiale : entre théories, modèles et réalités ».

« Imaginons que le prix du blé double brusquement après une longue phase de stabilité. Les agriculteurs peuvent en tirer deux conclusions :
> Soit ils se fondent sur le niveau moyen des prix, ce qui les conduit à augmenter leur production en réponse au signal du marché.
> Soit ils croient qu’il s’agit d’un changement sans signification particulière à long terme, et ils considèrent seulement que la volatilité du prix a brusquement augmenté, ce qui les conduit à diminuer la production d’un produit devenu trop « dangereux ».
Bien entendu, si le premier comportement est de nature à « rétablir l’équilibre du marché, ce n’est pas le cas du second qui va au contraire aggraver la pénurie ».

Or, les agriculteurs sont caractérisés par une forte aversion au risque, qui ne cessera de croître si les marchés sont libéralisés et les outils de régulation démantelés. Ils préfèreront donc produire une culture dont la volatilité est faible car les risques correspondants seront limités, si bien que dans la majeure partie des cas, la réaction des agriculteurs accroîtra la volatilité des cours.
Et, cet accroissement sera d’autant plus important que les niveaux de stocks mondiaux sont si bas qu’ils ne peuvent donc plus jouer le rôle d’ « amortisseur ».

De même, le comportement des Etats sur le marché mondial du blé affecte la volatilité des prix, comme le démontrent les deux exemples récents de l’Australie et de l’Inde :

> L’Australie, 7eme producteur mondial de blé, est aujourd’hui le pays le plus compétitif en matière de production de blé. Lorsque le gouvernement australien a annoncé, il y a quelques mois, que ses prévisions de récoltes de blé seraient inférieures aux prévisions, de forts mouvements spéculatifs se sont déroulés sur les marchés mondiaux, aggravant ainsi la volatilité des cours.

> L’Inde, 3ème producteur mondial de blé, a récemment lancé un appel d’offres pour trois millions de tonnes de blé, ce qui a déclenché une forte variation des cours.

Là encore, la volatilité s’en trouve accrue car le niveau des stocks mondiaux se trouve au plus bas.

C. … aggravée par une structure imparfaite du marché mondial.

Le marché mondial du blé est un marché imparfait caractérisé par des dysfonctionnements internes qui modifient les quantités mises en cultures et échangées sur les marchés internationaux, et les prix auxquels elles sont échangées.

En effet, l’existence de monopoles d’état à l’exportation comme l’Australian Wheat Board, qui définit les prix mondiaux en bénéficiant de soutiens déguisés, participe à l’accroissement de la volatilité des cours du blé.

De même, les importants dispositifs d’aides gouvernementaux, américains notamment, qu’il s’agisse de l’aide alimentaire, des marketing loans ou des crédits à l’exportation, participent à la dépréciation des cours du blé.
Car, l’aide alimentaire est en réalité une subvention déguisée à l’exportation qui permet d’écouler les stocks américains à un prix défiant toute concurrence, en créant une demande artificielle à laquelle seuls les Etats-Unis peuvent répondre.
Et, les marketing loans et les crédits à l’exportation constituent un soutien direct aux agriculteurs américains qui leur permettent de vendre à un prix inférieur au prix du marché mondial.

L’existence de facteurs endogènes comme éléments explicatifs de la volatilité des cours mondiaux de blé rend inadaptée voire dangereuse la stratégie de l’OMC qui consiste à libéraliser les échanges agricoles internationaux et démanteler les derniers outils de régulation.

Si la libéralisation des marchés agricoles permet de lutter contre la volatilité des cours lorsqu’elle est due à des facteurs exogènes via la mutualisation des risques et l’application de la loi des grands nombres, elle en est incapable lorsqu’un marché fait face à des risques endogènes car :

> la loi des grands nombres ne s’applique pas si les structures de marchés sont imparfaites et caractérisées par une forte concentration des acteurs comme cela est le cas pour le marché du blé.

> les risques endogènes liés aux comportements des acteurs du marché (producteurs et Etats) ne peuvent pas être mutualisés ni assurés au niveau mondial.

En revanche, elle accroîtra la volatilité des prix car la disparition progressive des derniers mécanismes de régulation et la diminution des stocks mondiaux exacerberont les comportements spéculatifs et les effets induits par les erreurs d’anticipations des différents acteurs.

C’est pour cela qu’il est primordial d’initier une gouvernance mondiale de l’agriculture chargée de réguler la libéralisation des marchés agricoles internationaux et, au premier chef, le principal d’entre eux, celui du blé.

1 Dans les 10 pays ayant intégré l’UE en 2004, 73 fermes sur 100 ont une dimension économique inférieure à 2 unités de dimensions européennes (UDE), soit l’équivalent de 3 hectares de blé. 80 % des exploitations de la Roumanie et de la Bulgarie ont une surface inférieure à 5 hectares.


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Paris, le vendredi 19 décembre 2014