Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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Le Bilan de santé de la PAC ne prend pas en compte les véritables enjeux de l’agriculture

25 fevrier 2008

La Commission européenne, qui ne dispose d’aucun modèle de simulation pour établir un vrai bilan de santé de la PAC, fait des propositions inappropriées.

Le Bilan de santé de la PAC présenté par la Commission européenne revêt une importance majeure. Il porte les germes de la future PAC. La Commission valide le principe de l’ouverture au marché mondial et l’abandon de la préférence communautaire. Elle postule que le secteur agricole sera plus performant et que les prix resteront élevés et rémunérateurs sans intervention publique.
De fait, ce bilan de santé n’en est pas un : il ne procède à aucune évaluation de la PAC et porte un diagnostic qui ne tient pas compte des spécificités de l’agriculture. Dès lors, si la réforme de la PAC s’appuyait sur ses préconisations, elle mettrait en danger la seule politique intégrée qui a fait de l’Union européenne la première puissance agricole mondiale. En effet :

1) La Commission ne dispose d’aucun modèle de simulation ni d’indicateurs resituant la PAC dans un contexte stratégique global permettant de choisir des objectifs appropriés.

Or le modèle MOMAGRI montre qu’en libéralisant les marchés sans mécanismes de régulation de l’offre, la volatilité des prix perdurera et déstabilisera l’ensemble du secteur.

2) La Commission fait preuve d’un optimisme béat en considérant que dans le monde de demain, il n’y aura aucun risque de rupture d’approvisionnement et un ajustement parfait entre l’offre et la demande.

Dès lors, elle propose de reconsidérer l’existence même des systèmes d’intervention. En un mot, elle affirme que définir la nouvelle PAC revient à la démanteler. C’est un déni de réalité fatal pour l’avenir de l’Europe.

3) La Commission propose de réaliser dans cinq ans une analyse des risques pour la période postérieure à 2013 et de confier aux Etats membres le soin de les gérer.

C’est comme si le ministère de la Défense planifiait une évaluation des menaces après cinq ans d’observation du monde et, dans l’intervalle, neutralisait les moyens d’intervention opérationnels.

4) Il est urgent que l’Europe se mobilise pour répondre à cinq questions fondamentales :

> Où sont les objectifs en termes de sécurité alimentaire quand les échanges sont soumis à la fragilité des voies de communication dans un monde dangereux ?
> Où sont les orientations en faveur d’une nouvelle PAC apte à faire face aux défis stratégiques de l’Agriculture (Alimentation, Chimie verte et Environnement) ? Ces défis ne sauraient être relevés en s’en remettant au seul arbitrage du marché.
> Où sont les propositions pour évaluer et gérer les risques de marché, majeurs pour la stabilité de la production, et qui ne sont pas assurables sinon par la puissance publique ?
> Où sont les réflexions sur le lien essentiel entre l’agriculture et le développement des pays les plus pauvres?
> Où est finalement passée la capacité de la Commission à être un organe de proposition destiné à initier la réflexion politique du Conseil et du Parlement ?

Le modèle MOMAGRI permettra de simuler les politiques les mieux adaptées à la recherche d’un optimum entre efficacité économique et sécurité alimentaire. C’est bien là que se trouve le cap politique d’une PAC à même de répondre aux défis de demain.

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Pour une régulation
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Paris, le lundi 21 mai 2012