Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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  Article  
 

La Chine et le Brésil renforcent leur dépendance
vis-à-vis des Etats-Unis



Frédéric Hénin, rédacteur en chef de Terre-net


Article paru dans Terre-net Média



Première puissance économique mondiale, les Etats-Unis sont au cœur ces derniers mois d’un redéploiement partiel des échanges mondiaux de blé et de céréales secondaires grâce à des capacités d’exportation accrues.


En Amérique du sud, le Brésil revoit sa stratégie d’approvisionnement en achetant du blé dans la zone du Mercosur (Uruguay) mais surtout auprès des Etats-Unis (3 Mt déjà contractées) et du Canada. L’Argentine n’est plus le piler du Mercosur auprès duquel son voisin s’approvisionne. Les agriculteurs argentins boudent en effet depuis plusieurs années la culture de blé pour préférer l’orge et le soja en seconde culture. Et cette année, des mauvaises conditions climatiques, avec des pluies tardives, pourraient même encore réduire le potentiel de production et par conséquent le disponible exportable. Selon FranceAgriMer, seules 4,5 millions de tonnes de blé brésilien pourraient être vendues, essentiellement au Brésil, contre près de 11 millions deux ans auparavant.

EN EUROPE, UN POOL CÉRÉALIER

En Asie, la Chine s’impose année après année comme un importateur majeur de céréales. Les Etats-Unis y ont multiplié par dix leurs livraisons de blé depuis le début de la campagne par rapport à l’année passée à pareille époque. La République populaire a acheté 4,1 Mt de blé dont 2,4 Mt de High red winter.

Sur le continent européen, se profile une nouvelle organisation commerciale de l’exportation de blé avec la constitution d’un « pool céréalier » entre la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan qui pourrait s’étendre à la Biélorussie et à d’autres républiques satellites de l’ex-Union soviétique. L’objectif affiché est une entente sur les prix et les taxes sur les exportations de blé afin d’éviter une guerre des prix, explique FranceAgriMer dans sa dernière note de conjoncture de novembre.


La Chine de plus en plus présente sur les marchés de céréales secondaires

Les importations chinoises croissantes de céréales secondaires et de produits dérivés destinés à l’alimentation animale s’ajoutent à celles de blé. Selon les dernières estimations du Cic reprises par FranceAgriMer, la Chine pourrait acquérir 7 millions de tonnes de maïs, essentiellement américain, durant la campagne. L’an passé, les achats ne portaient que sur 3,7 Mt et en 2008/2009 que sur 0,1 Mt.

L’Empire du milieu a déjà importé plus de drèches de maïs depuis le début de l’année que durant 2012. Avec 2,2 Mt livrées, il est devenu le premier importateur mondial de ce coproduit issu de la distillation de grains en éthanol, devant le Mexique.

La République populaire devient aussi le deuxième importateur mondial de sorgho derrière le Mexique. Sa production de faible quantité et qualité, n’est pas suffisante pour répondre à la fois à la demande de l’industrie de l’alimentation animale mais aussi pour produire du Baijiu, l’alcool fort prisé par les consommateurs. En important 2,1 Mt de graines de sorgho d’ici la fin de la campagne, que la Chine est prête à payer au prix fort, la deuxième puissance économique mondiale sera responsable, à elle seule, d’un accroissement de 21 % des échanges mondiaux. Fin octobre, 1,2 Mt de sorgho seraient déjà livrées.


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Paris, le jeudi 23 novembre 2017