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Espérez le meilleur mais préparez-vous pour le pire | Les matières premières agricoles, dont les prix sont structurellement volatils, évoluent désormais dans un environnement de plus en plus turbulent, caractérisé par une pression accrue sur le prix des intrants, une hausse des prix des autres matières premières et l’émergence de nouveaux foyers et modes de consommation. Si certains considèrent que les prix agricoles se trouvent désormais sur un nouveau « plateau » guidés uniquement par les évolutions de la demande, l’histoire récente nous enseigne qu’un tel raisonnement est erroné. Dans le cadre des décisions engageant à moyen terme et à long terme l’agriculture mondiale (évolution de la PAC, négociations à l’OMC), il convient donc d’être vigilant. C’est l’approche prônée par Daryll E. Ray, directeur de l’APAC (Agricultural Policy Analysis Center)1 dont nous reproduisons dans son intégralité un article intitulé « Hope for the best but plan for the worst » Les prix des cultures atteignent des niveaux qui étaient encore inespérés il y a tout juste un an et demi. Les prix à terme à échéance la plus proche du vendredi 9 décembre 2007 étaient de $ 4,17 le boisseau pour le maïs, de $ 11,19 le boisseau pour le soja, de $ 9,21 le boisseau pour le blé et de 64,55 cent de dollar la livre pour le coton. À cette même époque, les journaux faisaient état de loyers fonciers élevés, des prix élevés des engrais, des graines et des combustibles, et une hausse des prix chimiques agricoles est à prévoir. En augmentant, ces prix accroissent la nécessité de maintenir les prix des matières premières élevés, étant donné que ces augmentations absorbent l’essentiel des bénéfices réalisés sur ces prix. Ce scénario nous rappelle le début des années 1970. À l’époque, les prix avaient doublé sur une courte période, tandis que les exportations atteignaient des niveaux sans précédent. Les agriculteurs étaient déterminés à suivre le plan qui consistait à semer « de clôture à clôture » afin de pouvoir répondre aux besoins d’un monde affamé. Il semblait alors que cette demande dépasserait les capacités de production pour un avenir proche et que l’âge d’or de l’agriculture était arrivé. Les années 1970 ont établi un nouveau plateau concernant les prix des cultures. Mais les dépenses ont aussi augmenté et ces nouveaux prix ont rapidement atteint des niveaux inférieurs aux coûts de production pour bon nombre d’agriculteurs, et les tracteurs se sont rassemblés sur le Mall de Washington D.C. Le prix que recevaient les agriculteurs pour le blé contenu dans un pain était inférieur au prix payé par le boulanger pour le papier d’emballage de ce pain. On nous cite depuis notre enfance ce vieux dicton qui dit que ceux qui ne tirent pas les leçons de l’histoire sont condamnés à la répéter. L’euphorie des années 1970 a été suivie par la crise agricole des années 1980. Si l’on examine l’histoire de l’agriculture au cours du dernier siècle, on constate que le nombre d’années de lutte a largement dépassé le nombre d’années de prix élevés et de prospérité. Dans de telles circonstances, nous suggérons aux agriculteurs de garder un œil sur la conjoncture actuelle et un œil sur l’histoire. Comme d’autres, nous espérons que les périodes prospères et la bonne rentabilité agricole se maintiendront pendant très longtemps. Mais l’histoire suggère que lorsque chacun s’attend à ce que la demande dépasse la production dans l’avenir prévisible, il est sage de prévoir l’imprévisible. Au fil du temps, nous avons constaté l’existence d’un modèle particulier au niveau des marchés d’exportation. Alors que la plupart des pays tentent d’écouler leurs productions excédentaires en les exportant l’année de leur production, les Chinois sont en retard d’un an sur leurs exportations. Ils n’exportent l’excédent que lorsqu’ils sont sûrs que la récolte de l’année suivante sera suffisante pour pallier à leurs besoins. Il est certainement tentant pour les agriculteurs américains d’essayer d’éviter de payer des impôts sur les primes de cette année en achetant de nouveaux équipements. Mais avec l’augmentation des coûts et des prix restant extrêmement volatils, il pourrait être sage de suivre l’exemple des Chinois en suspendant les achats de machinerie, de camions et de camionnettes en attendant de voir ce qui va se passer au niveau de la rentabilité des récoltes de 2008. Et il pourrait être prudent de suspendre pendant un nombre d’années indéterminé les projets d’achat de terres. | momagri partage pleinement la vision de Daryll E. Ray, notamment sur l’importance d’identifier les risques en agriculture afin de prendre les meilleures décisions possibles. L’agriculture est en effet un secteur trop stratégique pour s’engager dans des choix pouvant être lourds de conséquences pour l’avenir du monde. C’est dans cette optique que nous avons construit le modèle momagri, premier modèle économique qui prend en compte l’une des dimensions fondamentales en agriculture : la coexistence des risques de marché et des risques naturels. Les premières conclusions que l’on peut en tirer confirment les propos de Daryll E. Ray. Daryll E. Ray, Director of the Agricultural Policy Analysis Center
| 1 APAC, University of Tennessee, www.agpolicy.org. | |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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