Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Articles

Concilier sécurité alimentaire et preservation de la planète
dans l’intérêt des générations suivantes



Positive economy forum



« Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants ». C’est dans cette optique que les générations actuelles doivent œuvrer pour la préservation de nos agricultures et de la sécurité alimentaire. Alors que nous serons 9 milliards d’individus en 2050, et que d’ici à 2030, la demande mondiale de nourriture devrait ainsi augmenter de 35%, il n’a jamais été aussi urgent de produire plus mais surtout de produire mieux.

Face aux enjeux actuels liés notamment aux aléas climatiques, à l’instabilité intrinsèque des marchés et à leur financiarisation croissante, comment valoriser l’agriculture en favorisant la résilience des agriculteurs à l’heure où le risque de nouvelles crises alimentaires est de plus en plus prégnant ?

Pour y répondre, près de 200 experts se sont réunis du 16 au 18 septembre lors de la 4ème édition du LHFORUM/Positive Economy Forum au Havre, sous la présidence de Jacques Attali et dans l’optique de la COP21, en vue de produire des propositions concrètes et ambitieuses pour faire advenir le monde positif que nous souhaitons pour les générations futures. De cette rencontre est née un ouvrage collectif dont nous reproduisons ici des extraits
1.

Celui-ci propose notamment de sanctuariser l’alimentation en la mettant au coeur des négociations internationales et bilatérales. Comme le précise l’ouvrage, les marchés ne s’autorégulent pas, il est à ce titre primordial de gérer l’Agriculture comme un bien public mondial car elle revêt un caractère stratégique indéniable pour l'avenir de l'humanité. L'agriculture, et le commerce agricole international, requièrent ainsi des modes de régulation qui leur sont propres. Car comme le précise, Jacques Carles, délégué général de Momagri, « un Bien Public Mondial ne le devient réellement que le jour où l’on a créé les conditions pour qu’une coopération internationale puisse le gérer avec des instruments adaptés ».


La rédaction de momagri



Extrait de l’introduction

Répondre aux besoins nutritionnels des 8,3 milliards d’humains dans le monde en 2030 constitue une préoccupation majeure de l’économie positive. L’injustice alimentaire est un enjeu de taille car plus d’un milliard d’individus dans le monde souffrent encore de sous-alimentation. Dans la plupart des cas, ce n’est pas tant à cause d’un manque de disponibilité de nourriture que les plus pauvres ne peuvent se nourrir, même si le réchauffement climatique fait peser un risque de pénurie sur certaines denrées de base, mais par une absence ou faiblesse de revenus. L’innovation naissant de la contrainte, la question de comment nourrir près de 9 milliards d’individus exige d’inventer de nouvelles manières de produire et de consommer, d’agir ensemble et de nous unir les uns aux autres face à ce problème d’envergure mondiale. La redéfinition des politiques agricoles, la préservation des ressources naturelles, la réduction des impacts de nos modes de consommation sur la santé publique doivent passer par des comportements altruistes.

D’ici à 2030, la demande mondiale de nourriture devrait ainsi augmenter de 35% . Pour y répondre, il faut produire plus, mais surtout mieux.
(…)

Une des propositions

Sanctuariser l’alimentation en la mettant au coeur des négociations internationales (OMC , CO P21) et bilatérales (TAFTA , APE)
  • L’alimentation n’est pas un bien marchand comme les autres. Il faut reconnaître l’exception alimentaire parce que les marchés agricoles ne s’autorégulent pas : face à une demande alimentaire stable à court terme, la production et les prix alimentaires sont très fluctuants (à cause des aléas climatiques, des particularités géographiques, de la spéculation et de la financiarisation).
  • Dans le but d’assurer la sécurité alimentaire de tous et de chacun, et la préservation de l’environnement, les biens alimentaires doivent faire l’objet d’une exception dans les accords commerciaux comme cela a été le cas pendant la période du GATT jusqu’en 1995 : pas de limites aux droits de douane mais il faut interdire les subventions qui profitent aux produits exportés et refonder les politiques agricoles, dont la Politique Agricole Commune (PAC ), sur des prix rémunérateurs plutôt que sur des subventions que les pays pauvres n’ont pas les moyens d’accorder.
  • Si rien n’est fait, l’Afrique de l’Ouest subira, par exemple, une perte de 56 milliards d’euros de recettes douanières cumulées entre 2020 et 2035 dans le cas où l’Accord de Partenariat Économique (APE ) est mis en oeuvre avec l’Union européenne, sans engagement de compensation par le Fonds Européen de Développement (FED ). En conséquence, la France ne devrait pas ratifier l’APE avec l’Afrique de l’Ouest si jamais le parlement européen le ratifiait.
  • De même, la France devrait soutenir l’élaboration de la Déclaration des droits des paysans, actuellement en cours au niveau des Nations Unies (dont l’une des dimensions fondamentales est le droit aux semences paysannes).
(…)


1 Retrouvez l’intégralité de l’ouvrage « construire le monde positif que nous voulons pour les générations futures à l’horizon 2030 » en suivant ce lien
http://positiveeconomy.co/fr/construire-un-monde-positif-a-lhorizon-2030/



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Paris, le samedi 23 septembre 2017