Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Articles

Compte rendu des entretiens effectués lors du second déplacement de momagri à Washington DC du 20 au 26 Juin 2007

09 juillet 2007

En parallèle de la conférence que le MOMA a tenu au CEIP, les membres de la délégation ont rencontré plusieurs personnalités appartenant à des milieux divers (syndicats agricoles, ONG, think tanks, centres de recherche, staffers du Congrès, conseillers de l’USDA et de l’USTR …) mais qui ont toutes comme point commun d’être des architectes de l’agriculture de demain.

Les échanges ont globalement été marqués par une convergence de points de vue sur les challenges que l’agriculture mondiale doit relever, ainsi que sur la stratégie à mettre en œuvre pour y faire face, comme le soulignent les résumés des différents entretiens que nous avons menés.



Sandra Polaski, directrice programme « Equity, Trade and Development » au sein du Carnegie Endowment for International Peace (CEIP)

Le CEIP, où s’est tenue la conférence, est un des think tanks les plus réputés et prestigieux à Washington DC, et donc dans le monde.

Sandra Polaski a souligné dans son discours introductif et dans sa conclusion, combien elle trouvait les actions du MOMA importantes, tant pour l’agriculture que pour le développement.

« L’apport principal du MOMA est de créer de nouveaux instruments de pilotage. Cela tombe à point nommé à un moment où les négociateurs de Doha sont dans l’impasse ».

D’une certaine manière elle a donc adopté notre démarche qui ne se limite pas au modèle NRA mais qui comprend aussi l’agence de notation et une nouvelle organisation internationale pour l’agriculture. Il s’agit pour nous d’une caution forte car le Carnegie est un des plus grands vecteurs de réflexion et d’influence sur les relations internationales.

Conférence du MOMA au Carnegie Endowment for International Peace1

L’objectif de cette conférence était de transmettre à un public représentatif de la capitale américaine (corps diplomatique, journalistes, think tanks) les objectifs, la démarche et l’état des travaux du MOMA.

Nous avons suscité un intérêt certain du fait de cette présentation aux Etats-Unis, une mise sous tension des esprits par rapport à ce que nous entreprenons, et une début d’appétence pour les résultats que nous sommes susceptibles de produire : tant en provenance du modèle NRA que de l’agence de notation.

Cet intérêt peut s’analyser comme suit, en fonction des propos entendus par les différents participants :

> Notre angle d’attaque est nouveau, fort, et reconnu comme légitime. Le fait de démontrer à quel point les négociations internationales reposent sur des prévisions et des informations fragiles et contestables a été bien compris.

> Notre démarche, qui est de construire le « framework » d’une coopération internationale adossée à des instruments de pilotage de nouvelle génération pour compenser la faiblesse des modèles standard et la désinformation qui règne aujourd’hui à l’OMC, a également été perçue comme novatrice et digne d’intérêt.

> A aucun moment, nous n’avons été « soupçonnés » de représenter une approche franco- française hostile. Sandra Polaski a d’ailleurs dit que nous venions au bon moment, alors que les négociations internationales sont au point mort. Cette remarque illustre bien que nous avons été compris puisque notre stratégie depuis le début est de combler le vide qui environne le cycle de Doha.

Jim Murphy,
Premier adjoint de Susan Schwab, représentante américaine pour les négociations commerciales

Jim Murphy est l’adjoint de Susan Schwab, représentante américaine pour les négociations commerciales. C’est l’homme des négociations agricoles à l’OMC. En place depuis plus de 5 ans, il s’apprête à devenir l’adjoint de Robert Zoellick, le nouveau président de la Banque Mondiale.

Cette réunion a été particulièrement intéressante, car elle a révélé que les responsables américains étaient parfaitement conscients de la nécessité de protéger leur agriculture et de créer les conditions pour qu’elle ne soit pas atteinte par une concurrence internationale mal organisée.

Jim Murphy a bien noté quels étaient nos objectifs et l’importance qu’allaient revêtir nos instruments de pilotage et d’information. Il a par ailleurs émis le souhait d’être tenu informé de l’évolution de nos travaux.

Thomas Mahr,
Premier conseiller auprès du sénateur Kent Conrad

Thomas Mahr est le « legislative director » du Sénateur Kent Conrad (Dém - North Dakota), considéré comme l’homme fort des questions agricoles aux Etats-Unis, et l’un des dix sénateurs les plus influents aujourd’hui.

L’entretien s’est révélé très enrichissant et a été marqué par une convergence de points de vue sur de nombreux points. Tout d’abord, sur le constat selon lequel la « pause » des négociations de l’OMC a toutes les chances d’être prolongée jusqu’à la fin de l’année 2008. Mais également sur l’importance de se doter d’outils communs à même de traduire les spécificités de l’agriculture, et notamment la volatilité des prix.

Esther Brimmer,
directrice de recherche du Center for Transatlantic Relations (Johns Hopkins University – SAIS)

La Johns Hopkins University – SAIS est l’une des universités américaines les plus prestigieuses, sur les questions relatives aux relations économiques internationales. Il s’agit d’ailleurs d’une des rares universités à être conviée aux réunions informelles que tiennent les ambassades à Washington DC sur les sujets « chauds » du moment car la finesse et la pertinence de leurs analyses sont appréciées de tous.
Esther Brimmer a montré un réel intérêt pour les travaux que nous menons au sein du MOMA, et elle a souligné l’utilité de construire le modèle NRA.

Elle a salué le fait que le MOMA avait notamment pour objectifs d’initier une coopération internationale sur les problématiques agricoles, de redonner confiance aux praticiens dans les modèles économiques tout en les alertant sur les dangers de se fonder sur des modèles imparfaits.

Une coopération entre nos deux structures pourrait être envisagée dans le futur.


1 Les discours peuvent être consultés en ligne sur notre site Internet, sous la rubrique Tribune
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le jeudi 17 mai 2012