Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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Agricultures et territoires, pour des synergies gagnantes !



Rapport 2013 de la SAF-Agriculteurs de France



Est-il encore permis d’espérer ? C’est en tout cas tout le mal que l’on souhaite à l’agriculture française à la lecture d’un rapport du think tank agricole de la SAF- Agriculteurs de France (SAF), dont nous reproduisons ici des extraits1. Si le contexte actuel est particulièrement anxiogène en raison de l’instabilité et de l’hypervolatilité structurelle qui caractérisent les marchés agricoles, il est aussi porteur de mutation, d’innovation et de projets.

Loin de subir ces mutations, l’Agriculture et l’entreprise agricole ont les moyens de se saisir de leur avenir, par le truchement de synergies gagnantes (individus, filières, pouvoirs publics) reposant sur des stratégies agricoles audacieuses et pérennes.

« Être globaux, sans perdre nos racines ! Être compétitifs et flexibles dans un contexte globalisé !», pour cela la SAF préconise l’utilisation de cartes maîtresses à même d’accompagner l’entreprise agricole dans son développement de manière proactive et prospective.

A l’heure où le doute fragilise le secteur agricole français, à l’heure où l’Agriculture demeure encore trop souvent une variable d’ajustement de négociations internationales, l’Agriculture, notamment européenne, a le devoir d’être ambitieuse si l’on souhaite garantir son avenir et la sécurité alimentaire de tous.


La rédaction de momagri






La carte « Atout »

Des Hommes libres d’entreprendre pour construire individuellement et collectivement l’avenir de leurs entreprises agricoles et de leurs territoires de rayonnement

« CE NE SONT PAS DE NOUVEAUX CONTINENTS QU’IL FAUT À LA TERRE, MAIS DE NOUVEAUX HOMMES », JULES VERNE, VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS.

Les Hommes sont au final les ultimes décisionnaires de leur avenir et du futur de leur société. Le fatalisme, caractérisé par des règles qui deviennent de vrais carcans administratifs, est un piège pour empêcher les Hommes de s’engager dans des voies qu’ils considèrent comme meilleures. Pour libérer les énergies des entreprises et leur permettre de construire leur compétitivité dans un environnement globalisé, la SAF mise sur des Hommes libres d’entreprendre et des entreprises responsables de leur croissance et de leur prospérité sur le long terme.

La question du dépérissement des territoires est surtout une question d’Hommes et d’état d’esprit. Ainsi, le Nord-est de la France est–il condamné à dépérir ? En fonction des analystes, cette partie de la France va dépérir, pour d’autres, elle va prendre de l’ampleur. Notons que le réveil de ce territoire pourrait passer par du tourisme résidentiel, culturel et naturel, ce qui suppose aussi la présence d’agriculteurs économiquement forts sur tout le territoire.

Le pronostic d’un territoire dépend en réalité de la capacité des Hommes à s’ouvrir l’esprit, car comme le disait Sir Winston Churchill « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté».

Voir le monde positivement, c’est considérer le changement comme une opportunité, c’est aller vers l’innovation, la conquête de nouveaux marchés, la remise en question des finalités mêmes de l’entreprise agricole pour mieux les élargir, une meilleure adéquation entre l’entreprise et la société, les clients, les consommateurs.

LE TEMPS D’ACTION POUR LE FUTUR, C’EST LE PRÉSENT

Il est essentiel de ne pas rester spectateur d’un futur qui aurait fait l’objet de prédictions sous forme de scénarios. Il est essentiel de se saisir du présent pour bâtir le futur, son futur. Il est essentiel de préparer le futur, de le construire en agissant dans le présent. C’est pourquoi, les Hommes qui composent les territoires doivent se saisir dès à présent de toutes les opportunités qui se présentent à eux et faire de ces territoires des socles d’action.

Cinq cartes pour agir, une carte Atout pour décider

Les chefs d’entreprise agricole ont à leur disposition les 5 cartes de la SAF : 5 cartes pour 5 thématiques d’intervention et d’action. Cependant, l’effi cacité de ces 5 cartes maîtresses ne sera réelle qu’à la condition que les chefs d’entreprise abattent leur dernière carte, la carte Atout, celle qui donne un sens et une portée aux 5 autres cartes.

LA CARTE ATOUT REPOSE SUR L’ATTITUDE DU CHEF D’ENTREPRISE

La SAF considère que la dynamique d’avenir doit partir des entreprises agricoles qui se situent dans les territoires et en particulier des Hommes qui se trouvent à leur tête. En effet, les marchés ne pensent pas, ils réagissent. Ce sont les Hommes qui pensent et qui construisent. De la même façon, les territoires ne pensent pas, ils subissent. Aux Hommes qui les peuplent de construire des projets et de les partager pour en faire des demains collectifs. La SAF considère que les Hommes font et défont les territoires, construisent ou annihilent tout avenir de ces mêmes territoires. Les territoires ne sont pas mauvais, les Hommes, en revanche, peuvent l’être.

Ce parti pris est indispensable pour rester dans une dynamique d’espoir et d’avenir pour les entreprises agricoles car l’avenir ne se lit pas dans une boule de cristal, « l’avenir est le fruit de la volonté, elle- même portée par nos projets, nos désirs et nos rêves. »343 Cette approche volontariste développée dans le rapport de la SAF s’appuie sur les valeurs qu’elle porte : valeurs d’implication, d’engagement, de responsabilité, d’innovation, de goût du risque des chefs d’entreprise agricole qui composent la communauté SAF.

LES CLÉS DE RÉUSSITE DES ENTREPRISES AGRICOLES ANAL??SÉES DANS UN CONTEXTE DE MUTATION

La SAF fait le pari que la période de mutation voire de basculement que nous vivons est par principe source de changement, d’innovation et de dynamisme pour construire un autre avenir pour les entreprises agricoles. Les temps changent, les entreprises doivent changer et trouver de nouvelles modalités de développement sur les territoires. Il est évident que si les chefs d’entreprise agricole sont au coeur du changement et sont porteurs de dynamisme et donc d’activité et de richesse, ils ne peuvent mener à bien leurs projets sans le support de la filière mais également des pouvoirs publics dans leur ensemble. Il s’agit là d’un préalable nécessaire à toute réussite d’entreprise : dans un contexte hostile, les réussites individuelles seront exceptionnelles et ne pourront dynamiser tout un territoire.
La création de richesse doit être le fruit d’une volonté commune et partagée. Ceci étant affirmé, il revient au chef d’entreprise de bâtir sa stratégie territoriale comme volet de sa stratégie d’entreprise et de choisir ses territoires de rayonnement.

UNE CHAÎNE D’ENGAGEMENTS ET DE VALEURS PARTAGÉES : DES INDIVIDUS ET DES FILIÈRES ET DES POUVOIRS PUBLICS

La SAF table sur des chefs d’entreprise volontaires. Cependant, une société de projets ne peut se développer qu’à la condition que l’imbrication étroite de ces individus, facteurs de développement économique, dans une filière matérielle et immatérielle et dans une structuration administrative, soit correctement appréhendée.

C’est pourquoi la SAF s’attache tout au long de son rapport à inciter les chefs d’entreprise agricoles à travailler en filière de façon à insérer leur stratégie individuelle dans une stratégie collective qui s’appuie sur des producteurs, des transformateurs et des distributeurs, avec la recherche comme clé commune. Cette filière matérielle doit s’enrichir des acteurs de la filière immatérielle. De la même façon, la SAF demande aux pouvoirs publics de tous les échelons de travailler en cohérence et de veiller à répondre aux besoins et attentes des chefs d’entreprise agricole pour qu’ils jouent au mieux leur rôle économique, social, environnemental et territorial. Un accès facilité et clarifié aux aides publique est certes important mais insuffisant pour soutenir la dynamique des entreprises. Il s’agit bien de penser « global » au niveau de toute la filière et de penser en terme de dynamique et de création d’activité et donc de richesse.

ETRE ACTEURS DE TERRITOIRES CHOISIS : FAIRE PARTIE DU MONDE

Il convient de partir d’un constat chiffré : les agriculteurs sont de moins en moins nombreux alors même que leur poids économique demeure essentiel dans l’équilibre de la nation. Les agriculteurs sont considérés comme des citoyens comme les autres alors même que leur activité structure les territoires, tient l’emploi, enrichit la balance commerciale française.

Afin de ne plus subir les territoires, les chefs d’entreprise agricole doivent devenir acteurs des territoires : expliquer, porter leurs projets, les faire connaître, et investir les centres de concertation locaux. Il ne s’agit pas de demander à être intégré dans tout et partout mais de constater une grande méconnaissance de la réalité d’action, de réalisation, d’innovation portée par les chefs d’entreprise agricole dans les sphères administratives et politiques non agricoles, et même parfois agricoles.

Pour les chefs d’entreprise agricole : se faire connaître, être fi ers de leurs réalisations, être convaincus que chaque projet participe à la réalisation de l’intérêt général, sont des préalables nécessaires à une participation efficace et constructive dans les territoires.

Par ailleurs, la SAF rappelle que l’ère de l’accès à l’information marque les prémices d’une société plus responsable et mieux informée et donc plus compétente : ce qui vaut pour la société vaut pour les chefs d’entreprise agricole qui en sont partie intégrante. C’est pourquoi les chefs d’entreprise mieux informés et préoccupés de garder un lien avec leurs partenaires seront mieux à même de présenter et de diffuser l’essence même de leur métier et de leurs projets.

L’existence d’une structure commune à la filière telle que présentée dans la carte Filières peut être une bonne réponse pour mutualiser les efforts de communication des chefs d’entreprise agricole (qui individuellement prend un temps certain) et pour les rendre visibles sur un territoire donné. C’est une façon efficace de sortir ensemble de l’anonymat.


1 Retrouvez l’intégralité du rapport de la SAF 2013 « Agricultures et territoires, pour des synergies gagnantes ! » http://www.agriculteursdefrance.com/fr/EtudesEtPropositions.asp?ThemePage=4&Rubrique=2&Num=124
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Paris, le samedi 23 septembre 2017