Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

L’agence NRA (Nouvelles Régulations Agricoles)


Le concept de notation est né au début du XXème siècle, lorsque les compagnies de chemin de fer américaines ont cherché à lever des capitaux sur tout le territoire américain. Un organisme indépendant devait en effet renseigner les investisseurs sur la solvabilité de compagnies situées à des milliers de kilomètres.
Puis, ce concept a évolué vers l’ensemble de la sphère financière où depuis le milieu du siècle dernier les grandes agences de notation financière sont devenues des références irremplaçables dont le pouvoir, parfois contesté, est pourtant reconnu par tous, des Etats aux simples particuliers. Un roman d’économie fiction qui vient d’être publié date d’ailleurs le début de l’effondrement d’un grand pays du moment où sa note passe de AAA à BB+.

Depuis une dizaine d’années le champ d’action des agences de notation s’est encore élargi à d’autres grands thèmes de la société mondiale en entrant dans des domaines non financiers dont la caractéristique est d’être stratégique et au centre des préoccupations relatives à l’avenir de la planète. C’est ainsi que sont nées plusieurs agences de notation intervenant dans les domaines environnemental, éthique et du développement durable.

De manière générale, l’objectif d’une agence d’évaluation et de notation est d’évaluer et de noter à intervalle régulier des entreprises, des Etats et des organisations internationales, en recourant à des indicateurs et des procédures, afin de permettre à certains acteurs (des décideurs internationaux, des investisseurs, des politiques …) d’évaluer la pertinence des stratégies et/ou des politiques menées, à l’aune d’objectifs qui sont les leurs.
Pour cela, elles émettent de l’information, par le biais de notes et d’avis, qui se doit d’être transparente, crédible, durable et responsable.
Une mauvaise note signifie qu’un acteur ne respecte pas certaines règles édictées et reconnues par tous. A l’inverse, une bonne note signifie que la stratégie/politique menée par cet acteur respecte toutes les règles édictées et œuvre à l’amélioration du bien-être collectif. Bien évidemment, entre les deux extrêmes, on trouve toutes les graduations possibles.

Et, comme le monde dans lequel nous vivons est caractérisé par une interconnexion croissante des marchés, les informations émises par ces agences ont un rôle fondamental, et leur impact sur les décisions économiques, sociales et politiques de plus en plus important.



Pourquoi créer une agence internationale d’évaluation et de
notation dans le domaine agricole ?



Parce qu’il n’existe aucun outil qui guide et conseille régulièrement les décideurs internationaux sur le secteur agricole et ses enjeux.

Les décideurs internationaux s’appuient sur des simulations provenant de modèles économiques standard (Banque Mondiale notamment) dont les résultats sont devenus des paroles d’Evangile qui guident l’essentiel de l’information grand public.
Qui n’a pas entendu dire sur la foi de calculs de la Banque Mondiale que la libéralisation de l’agriculture serait bénéfique aux pays en développement.
Qui a pensé à mettre ce postulat en doute avant que momagri ne s’en inquiète ? : personne.
Or, nous l’avons démontré et c’est désormais une vérité admise largement, ces modèles sont tellement incomplets et simplificateurs que l’emploi qui en est fait conduit à des conclusions totalement erronées (Cf note jointe intitulée « Le modèle momagri »).

Mais indépendamment de la faiblesse des modèles économiques auquel, momagri s’est donné comme premier objectif de pallier, il faut aussi créer les conditions d’une meilleure visibilité pour parvenir à mieux évaluer les situations relatives des différents pays et l’effet des décisions nationales, bilatérales ou multilatérales. Si un modèle plus réaliste, plus souple et plus complet est donc nécessaire il n’est pas suffisant, et il est tout aussi urgent de créer une agence de notation pour l’agriculture et les enjeux qui lui sont liés.

C’est ce qui manque aujourd’hui dans le domaine agricole : il n’existe en effet ni procédures, ni indicateurs qui fournissent une information assez précise, fréquente et démonstrative sur les différents marchés et politiques pratiquées, contrairement à d’autres secteurs comme la finance, l’environnement ou l’éthique.

Une agence internationale d’évaluation et de notation est donc le dispositif indispensable pour mettre en œuvre une régulation des marchés agricoles par une information calibrée, validée et reconnue par tous.

Elle sera ainsi une balise, un baromètre et une boussole :

> Une balise car elle donnera un « cap » à suivre et remplira ainsi une fonction de prescription.

> Un baromètre qui sera l’indicateur des pressions et tensions entre les différents acteurs du secteur agricole (Entreprises, ONG, Organisations internationales, Etats) et qui facilitera donc l’émergence de stratégies de négociation et de coopération.

> Une boussole qui indiquera le chemin optimal par rapport au « cap » visé, et qui donnera donc aux simulations une consistance non seulement économique, mais aussi sociale, environnementale et relatives aux objectifs visés.

Parce qu’une agence de notation contribue à atteindre l’optimum économique tout en respectant le libre jeu du marché et de la concurrence.

Les négociations actuelles de l’OMC visent à libéraliser les échanges agricoles dans l’objectif d’atteindre une situation optimale d’un point de vue économique, qui assurerait un gain de bien-être à l’ensemble des populations du monde.

Or, si les bienfaits du libre échange et les vertus de la concurrence sont indéniables, force est de constater qu’une régulation internationale doit être mise en œuvre pour que l’ensemble des régions du monde puisse en bénéficier, car les marchés agricoles sont imparfaits.

C’est pourquoi, la création d’une agence de notation est le choix optimal car :

> En mettant en évidence la pertinence et la crédibilité des stratégies et politiques menées, elle régulera les marchés par l’information, ce qui sera mieux compris et plus efficace qu’un ensemble de réglementations étatiques.

> En améliorant la qualité l’information quant à la formalisation des prix, elle participera à lutter contre la volatilité des prix agricoles.

> En évaluant, notant et préconisant des politiques et des stratégies, à la différence d’un observatoire qui relate et fournit des statistiques, elle sera une force de prescription acceptée par le plus grand nombre.

> Elle développera un réseau d’information et d’évaluation réparti sur l’ensemble de la planète. Elle devrait, en effet, attirer de nombreux experts tout en utilisant selon les méthodes propres à une agence de notation les très nombreuses informations et données déjà existantes.

Finalement une agence de notation est le seul outil qui peut traduire l’importance stratégique de l’agriculture à l’échelle internationale, en prenant en compte des indicateurs qui lui sont directement liés revêtant en cela une dimension symbolique et une fonction pratique de coopération internationale.

> Une dimension symbolique : L’agence s’appuiera, pour les avis et recommandations à caractère public, sur un Collège des Sages, qui incarnera la « gouvernance mondiale » à travers les personnalités qui la formeront, personnalités issues des milieux et des pays les plus divers. Le collège des Sages validera les analyses, avis, recommandations et alertes que l’agence émettra et qui de ce fait deviendront des prescriptions fortes influençant les politiques gouvernementales et les Institutions Internationales.

> Une fonction pratique : L’agence animera un réseau d’experts internationaux, agricoles et extérieurs au monde agricole, et sera le socle sur lequel s’appuiera le Collège des Sages. Elle occupera ainsi une nouvelle fonction, aujourd’hui manquante, de la coopération internationale, qui développera en permanence les outils d’aide à la décision que la future Organisation Mondiale de l’Agriculture utilisera.



Les missions de l’agence NRA


L’agence NRA constitue le second pilier de la future gouvernance mondiale de l’agriculture, qui est l’objectif dont momagri a fait la priorité de son action. Elle sera créée en 2007 et sensibilisera les pouvoirs publics et l’opinion sur les dangers et les dérives des marchés agricoles.
Elle vient donc en complément du modèle NRA (premier pilier de la gouvernance agricole mondiale, Cf. la note jointe intitulée « Le modèle momagri » ) et des principes de gouvernance (troisième pilier, Cf la note jointe intitulée « Proposition de principes de gouvernance pour une future OMA » ).

A l’égal des agences de notation financière, environnementale ou éthique, l’agence NRA aura pour missions :

> de développer une méthodologie de notation et d’évaluation, destinée à sensibiliser les pouvoirs publics et les acteurs concernés sur les décisions prises ou à prendre concernant l’état et l’évolution de l’agriculture, ainsi que les conséquences qui pourraient en résulter pour la société.

> de diffuser des avis et des recommandations afin d’influer sur les décisions politiques et les choix internationaux.

> d’assurer une exploitation raisonnée du modèle NRA auprès des Etats et des organisations internationales afin d’améliorer leur prise de décision.

> d’analyser et de noter les choix des différents pays en matière de politique agricole et d’incidence sur leur développement et/ou sur celui des autres Etats.

> d’entretenir et de développer un réseau d’experts au plan international qui, d’une part contribueront à améliorer la qualité et l’utilité du modèle NRA et d’autre part, renforceront la notoriété de l’Agence.

> de mettre en place des procédures d’intervention auprès de clients potentiels (Etats, organisations internationales, entreprises, …) destinées à être le fondement d’une offre de services et de conseils spécifiques.

> de développer les moyens et les équipes correspondant à la satisfaction de la demande de notation, d’évaluation ou de conseil.


Les objectifs de l’agence NRA



Le fonctionnement de l’agence NRA



Dans l’objectif de sensibiliser les pouvoirs publics et l’opinion sur les dangers et les dérives des marchés agricoles, l’agence NRA développera une méthodologie fondée sur le modèle NRA, et fournira des indicateurs clés des différents marchés agricoles qui serviront de base aux trois objectifs qui lui sont assignés : simuler, évaluer et noter, et conseiller.

Et, pour satisfaire les contraintes de transparence, de crédibilité, de durabilité et de responsabilité qui sont les siennes, l’agence NRA recourra à des indicateurs variés : économiques, politiques, sociaux, climatiques et environnementaux, énergétiques, financiers monétaires et bancaires …
Ils permettront de contribuer à la formation de prix d’équilibre, mais également de noter les différents pays en termes de politiques agricole et environnementale de la même manière que certaines grandes institutions privées internationales.

Pour cela, l’agence NRA sera composée d’un comité d’experts internationaux, regroupant des comités d’experts régionaux. Elle sera confortée par un collège des Sages, totalement indépendant, et constitué de personnalités de grand renom international (anciens chefs d’Etats, grandes consciences …).
Les comités d’experts se réuniront régulièrement pour définir les niveaux de ces indicateurs, conseiller et noter les différents acteurs concernés (régions, pays, entreprises) en termes de politique agricole, environnementale de développement, etc.… et ce de manière déclarative et sollicitée.
Le collège des Sages, sur la base des propositions faites par l’agence NRA, diffusera des avis qui, à l’échelle internationale, prendront valeur de recommandations et donneront une légitimité politique à un travail technique de haut niveau.

Ainsi, par exemple, si la compétitivité d’une région se fait au détriment de l’environnement, une action de régulation sera recommandée, faisant connaître le coût pour la collectivité de la détérioration de l’environnement. C’est selon cette logique et grâce aux outils développés par l’agence NRA, que l’Organisation Mondiale de l’Agriculture et les organismes nationaux et internationaux règlementant les relations internationales pourront prendre demain des mesures destinées à rééquilibrer les distorsions observées.

Bien évidemment, la liberté du commerce sera totale mais la mise en évidence des problèmes et de leurs coûts collectifs seront des incitateurs puissants à réduire les échanges commerciaux avec telle ou telle région du monde tant que des mesures correctives n’auront pas été apportées.

C’est cet ensemble d’évaluations et de notations qui fera de l’agence NRA un véritable outil de régulation en même temps qu’une source permanente d’information servant à mieux « cadrer » les négociations internationales.

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L'agence momagri
Paris, le jeudi 20 juin 2019