Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Lait : la situation tourne au vinaigre

11 mai 2009



L’échec des dernières négociations du Cniel, qui a réuni mardi 5 mai les producteurs et industriels laitiers autour d’une même table pour définir collégialement les prix indicatifs du lait, sonne le glas des espoirs des producteurs. En moins d’une heure, selon les Echos, les deux parties se sont séparées sans avoir vraiment abordé la délicate question de la rémunération des producteurs, alors que le secteur s’enlise dans une crise mondiale. Les producteurs, qui dénoncent un prix du lait inférieur aux coûts de production, seront donc réglés pour le mois d’avril selon les décisions de chaque entreprise (Lactalis, Bongrain, etc.), et non plus sur la base d’une recommandation nationale comme cela a longtemps été le cas. Et il y a tout lieu de s’attendre à une baisse des prix d’au moins 15%, pour s’aligner comme l’industrie le réclame depuis quelques mois sur la concurrence des pays voisins.

De son côté la Commission européenne n’a pas pu répondre aux inquiétudes de plusieurs Etats membres concernant la situation critique du marché laitier. Soutenue par une dizaine de pays (dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Slovénie, etc.), l’Irlande a souligné lors du dernier Conseil agricole de l’Union européenne (24 avril), qu’une telle situation mettait en danger la capacité future de production laitière. La Commission, qui a déclenché quelques mesures de soutien il a trois mois, juge qu’elle avait fait tout ce qu’il était possible en termes de filet de sécurité avec, notamment, des achats d’intervention « transperçant le toit » - à savoir, en grande quantité.

Il va pourtant bien falloir qu’une réflexion soit initiée au niveau européen, concernant la volonté ou non de conserver les capacités de production laitières européennes. Ce qui est loin d’être une ineptie politique, compte tenu des enjeux en termes de sécurité alimentaire qui y sont liés.

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Paris, le jeudi 20 juin 2019