Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
Paris, le jeudi 11 mars 2010
témoignage
  Bertrand Munier
momagri
& Peter Timmer
Harvard
Le premier modèle économique sur la volatilité en agriculture
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Édito

Notre action est guidée par la nécessité de faire comprendre la spécificité des marchés agricoles



Par Pierre Pagesse,


Président de Limagrain et de momagri


& Jacques Carles,


Président du cabinet de conseil Carles & Associés et délégué général de momagri



Le « mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture » (momagri) entre dans une phase de reconnaissance académique et institutionnelle. Il participe désormais à de nombreux débats dans des enceintes internationales. En cette fin d’année 2009, le modèle est achevé en quasi-totalité. En 2010, momagri s’apprête à lancer une agence de notation. Le think tank momagri joue son rôle, et après les outils, propose des principes de gouvernance. Pierre Pagesse, son Président, revient sur ses fondements et Jacques Carles, son Délégué général, rappelle son actualité.

Pourquoi avez-vous fondé le momagri ?

Pierre Pagesse - On ne bâtira pas la stabilité de la planète sur le chaos du marché. Pourquoi ? Parce qu’en agriculture, 1 à 2 % de production en plus ou en moins à l’échelle internationale fait varier les prix d’un facteur 1 à 3 ! Cette volatilité résulte principalement de la rigidité de la demande face à la variation d’une offre soumise, à la fois aux anticipations de production des agriculteurs, par nature décalées, et aux aléas climatiques. Cette volatilité, accentuée par la spéculation, déstabilise la production agricole et les économies des pays qui n’ont pas les moyens d’assurer une véritable politique agricole et donc un revenu aux agriculteurs. Aucun secteur économique ne pourrait résister à cette amplitude. Aujourd’hui, est-il normal que même les agriculteurs performants ne puissent vivre dignement de leur métier ? Posons-nous les vraies questions ; est-ce un hasard si les économies agricoles, les plus développées et les plus performantes, sont celles des États-Unis et de l’Union européenne ? Finalement, seuls les pays qui ont su se doter de véritables politiques agricoles peuvent assurer le meilleur niveau de vie de leurs concitoyens. Le démantèlement des mécanismes de régulation de la PAC se traduit par une crise agricole d’une extrême gravité. Voilà qui nous invite à un regard objectif sur le rôle des politiques agricoles. Car, on ne le dit pas assez, ces politiques protègent d’abord les consommateurs en leur assurant une alimentation abondante, à des prix accessibles à tous. Forts de cette conviction, avec des responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense, etc.) nous avons lancé momagri, un think tank qui développe des outils et propose les bases d’une vraie politique agricole et alimentaire internationale, seule capable de relever tous ces défis.

Quelles sont les actions menées par momagri en 2009?

Jacques Carles - L’agenda de momagri en 2009 a été particulièrement riche. On retiendra notamment, la finalisation de la 1ère version du modèle momagri, la réalisation de nouvelles simulations et l’organisation d’un workshop sur les risques et la volatilité des prix en agriculture, ayant rassemblé une trentaine d’économistes internationaux à l’IAE de Paris La Sorbonne les 4 et 5 juin derniers. En parallèle, momagri a participé à de nombreux débats dans des enceintes internationales (Forums publics de l’OMC et de la FAO, séminaire organisé par Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation, etc.) et dans le monde agricole. Enfin, nous avons approfondi nos propositions de régulation au cours d’échanges avec des organisations internationales, des responsables politiques et plusieurs experts (Commission européenne et Parlement européen, FMI, think tanks américains, bruxellois et français, etc.)

Notre action est guidée par la nécessité de faire comprendre la spécificité des marchés agricoles

, car derrière les mots de régulation et de gouvernance, il y a très peu de propositions concrètes.

Quelle est l’actualité de momagri ?

Jacques Carles - 2010 s’annonce comme une année décisive et passionnante. En effet, nous lançons officiellement l’Agence de notation momagri dans la perspective d’initier “par le pouvoir de l’information” une meilleure prise en compte par les responsables politiques et les organisations internationales des enjeux liés à l’évolution des agricultures mondiales et une régulation du commerce agricole international. Par ailleurs, depuis le workshop sur le modèle momagri, nous sommes entrés dans la phase de reconnaissance académique et institutionnelle du modèle. Des publications scientifiques, stratégiques et politiques sont en cours. Et les échanges entre Bertrand Munier, le chef économiste de momagri, et divers professeurs du monde entier se multiplient. Notre objectif est donc de peser, en France comme à l’international, dans le débat public sur l’avenir de l’agriculture mondiale et sur la réorientation nécessaire de l’OMC, en développant notamment les principes de gouvernance qui doivent fonder la nouvelle Politique agricole et alimentaire mondiale.
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